Dimanche 14 mai 2006

Bonsoir Monsieur Vous,

Vous retrouver sur mon écran cette après-midi a été plus qu’agréable savez-vous ? Mais comment faites-vous pour rentrer dans cette petite fenêtre, vous si grand ???!!! Votre chaleur est arrivée jusqu’à moi et m’a laissé un peu chancelante quand il nous a fallu raccrocher. Et bien oui, votre Femme-Lionne chancelle parfois … ce n’est pas pour vous surprendre. Surtout quand vous l’avez harcelé de tendresse, de mots croustillants, de souvenirs si … particuliers … Dans ces moments-là, la technique atteint ses limites et ce n’est pas en 3D que nous nous affichons. Ceci étant, aujourd’hui je m’en félicite … vous avez découvert le nid que vous aimez, complètement révolutionné et une Femme-Lionne hirsute, un chiffon dans une main et le tuyau d’aspirateur dans l’autre … La vision est certes moins romantique que celle à laquelle vous pouviez vous attendre mais elle vous a fait éclater d’un grand rire ….

J’aime votre rire. Il percute tous les obstacles et devient irrésistible. Je me suis donc posée sur une pile de livres pour rire avec vous. Puis, vous avez évoqué notre prochaine rencontre, réfléchissant à haute voix à tout ce que vous aviez envie de faire. Et si je suis bien le cours de vos pensées, « Nous » sera notre seule occupation durant ces 4 jours !!! Du matin au soir et su soir au matin … Mais cela suffira-t-il à mes mains pour caresser votre peau de haut en bas ? Cela suffira-t-il à ma bouche pour vous fabriquer un drap de baisers ? Cela suffira-t-il à mon corps pour se rassasier du votre ? J’en doute …

Car voyez-vous, ces quelques jours de vacances m’ont rendu, outre mon calme et ma sérénité, une légèreté plutôt inhabituelle. Ou serait-ce le soleil qui m’a réchauffé autant l’âme que le corps ? … Et je me sens d’une humeur … de braise dirons-nous !!! Capable d’allumer un gigantesque feu de brousse, sans pudeur, sans tabou, puisqu’il s’agit de nous. Simplement vous et moi, seuls durant ces jours et ces nuits qui vont se confondre. Le temps va être long à faire venir ce mercredi soir …

Mais je vais employer les jours qui nous séparent à … pavaner … Qu’en pensez-vous ?

Toujours,

Votre Lionne

Lundi 8 mai 2006

Ma Femme-Lionne, un feu de brousse ? Je lui ai demandé d’éditer cette lettre sans en changer un iota. Qu’elle en rougisse, peu importe sous la dorure que le soleil de ses vacances lui a donné … Va-t-elle oser ?

Oui, ma Lionne est un feu de brousse. De celui que l’harmattan attise, que les broussailles se transmettent comme un feu follet. Elle court sur la latérite, pieds nus. Offerte au vent comme un animal. Elle se rit de la chaleur, de la transpiration qui coule le long de sa peau, perle son front, colle ses cheveux à son cou. Elle se rit de tout sauf de l’essentiel. Immense, elle ouvre ses bras pour accueillir en elle toutes les sensations, toutes les odeurs, toutes le couleurs. Sauvage, elle disparaît sans laisser de trace, reparaissant là où on ne l’attend pas. Douceur extrême quand elle fait courir ses doigts sur le clavier de son Chavanne pour vous faire oublier vos tracas. Elle pose ses mains sur l’écorce des arbres et vous dis qu’ils lui parlent. Et savez-vous ? Vous la croyez, aussi rationnel que vous puissiez être !  

Mais attention, cette Lionne peut, d’un revers de main, écarter d’elle les ombres qui la polluent. Impitoyable, elle refuse le jeu des sots et d’un mépris terrible, par un regard ou par un mot, renvoie à leur ignorance crasse ceux qui tentent de l’entraîner vers les ténèbres. Elle ne pardonne pas la blessure gratuite, ni n’oublie les affronts faits aux siens. D’une fierté indomptable, n’attendez pas d’elle le récit de ses blessures les plus profondes, des souffrances de son drôle de destin. Elle exècre la pitié et les apitoiements hypocrites. Seule la lumière et la vie l’intéressent.

Il en est certains qui l’ont approché. Trop petits pour reconnaître la flamme qui brûle en elle. Trop ignorants pour se chauffer au feu de la passion qu’elle sait entretenir d’une caresse légère, d’un mouvement de hanche, d’un frôlement de ses boucles. Qui pourrait reconnaître la Femme-Lionne dans la Femme-Baobab A part un lion … du Sénégal …

Cette Femme-Lionne a mis le feu à ma brousse depuis longtemps. Ne l’éteint que pour mieux le rallumer. Ne me laisse que pour mieux me reprendre. Ne m’endort que pour mieux me réveiller. Son corps de liane, l’eau de ses yeux, ses mots. Elle est ma passion. Je ne me rassasie pas d’elle, nuit après nuit contre moi, jour après jour à mes côtés. Je me perds en elle. Oui .. je l’avoue ici, aux yeux de tous … dans l’infinie chaleur qui est la sienne, dans la jouissance qu’elle transforme en déluge de feu, dans la blancheur de sa peau, je me perds et voudrais ne jamais revenir des voyages où elle m’entraîne. La force qu’elle me donne, son regard quand elle ouvre les yeux sur moi, me renvoient l’image de ce que je deviens pour elle. Complet, invincible, unique, essentiel. Dans ce regard, je deviens vraiment …un homme …

Puissent les mânes de mes ancêtres me permettre de ne jamais vous la rendre.


Camara, qui pour une fois, voulait vous parler lui-même …


Vas-y maintenant, Femme-Lionne, ose publier ma lettre …

Dimanche 7 mai 2006

Et ce cri qui meurt dans ma gorge se perd parmi ceux qui vous entourent dans l’escalator qui vous emporte vers cet avion … Nooonnn …. Emmenez-moi … par pitié, emmenez-moi !!!!

Depuis hier, l’un face à la peine de l’autre, nous avons voulu être si légers … ne pas penser, ne pas imaginer, devenir plumes … Et ce matin, quand la porte  de l’appartement s’est refermée, l’eau a coulé de vos yeux. J’ai baissé les miens et ils ont rencontré votre valise. Que ne suis-je vraiment si petite que je puisse m’y blottir et m’envoler avec vous. Légers, nous sommes restés tout au long du chemin. Jusqu’à la porte d’embarquement.

Dans ma fierté imbécile, je n’ai su pleurer les mots que vous attendiez que devant cette porte qui allait nous séparer. Alors, pour que vous le trouviez scintillant sur votre écran à votre arrivée, je vous l’écris maintenant ……


Oui, je viendrai … bientôt

Samedi 6 mai 2006

Souvenirs de ton regard lorsque tu es arrivé
Souvenirs de tes lèvres sur les miennes posées
Souvenirs de ta main dans mes cheveux défaits
Souvenirs de tes doigts dans mon cou parfumé
Souvenirs de ta bouche sur ma peau dorée
Souvenirs de tes caresses mille fois répétées
Souvenirs de ton avidité à m’embrasser
Souvenirs de mon corps par ta bouche soulevé
Souvenirs de ce désir inondé
Souvenirs de toi qui ne veut pas m’abandonner
Souvenirs de tes lèvres au goût d’un nectar partagé
Souvenirs de ta jouissance criée
Souvenirs de nos corps épuisés
Souvenirs de tant de soleils créés
Souvenirs de tant de douceur et de sensualité
Souvenirs dans nos mémoires à jamais gravés


 


Demain,
Il ne restera
Que moi … terrassée ...
Et toi …. envolé …

Mercredi 3 mai 2006
.... sur mes mots pendant quelques jours ....  un avion s'est posé sur la piste inondée de soleil de Biarritz. Je l'ai vu traverser le ciel des Landes et le chuchotement d'une tendresse infinie est parvenu à mon oreille par la grâce des ondes téléphoniques ... Djarabi, je suis là ... Les heures qui mèneront à dimanche nous appartiennent. Vous resterez au creux de mes pensées et j'évoquerai sûrement avec plaisir certains d'entre vous, entre deux verres de rosé frais, entre deux rires.  

Restez à l'ombre du baobab, le soleil promet d'être chaud dans les prochains jours. Et ... chuuutttt ... écoutez, dans le silence et le froissement des petites vagues de chaleur, un monde de caresses et de douceur qui se recréée .... pour vous aussi ...

Avec tout mon amour ...


France

...

Aboli il y a 150 ans ? je n'en suis pas sûre. L'esclavage a pris des formes rampantes, bien plus insidieuses parce que légalisées. N'oubliez jamais que la haine prend parfois le visage d'un homme ordinaire qui prétendra n'avoir fait que son métier, n'avoir qu'obéi aux ordres mais qui aura lynché, torturé, assassiné ...


On peut avoir honte de son pays. Il suffit de dire qu'on est d'ailleurs. Mais que fait-on quand on a honte d'être humain ?


LIVRE D'OR 

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