Jeudi 31 août 2006
Je reste volontairement dans le silence. Ni radio, ni CD. Juste le silence et moi. Et les bruits de la vie du dehors, ceux qui traversent mon espace. Les enfants qui jouent dans la douceur de leur dernière soirée de liberté, la voix des femmes qui se racontent, les pas sur le gravier, la porte du parking qui claque. Ma blonde à 4 papattes est couchée à mes pieds. Les chats tournent en miaulant des "où es-tu ?", des "parle moi !", un miaulement prière, un miaulement appel. Comme moi, ils sentent l'absence palpable. Comme moi, ils croient entendre le bruit de la clé qui tourne dans la serrure. Comme moi, ils entrent dans la chambre en commençant une phrase qu'ils ne terminent pas. Je remonte la couette, comme je l’ai fait chaque matin depuis le premier sur tes épaules, en répandant autour de toi mes senteurs de tendresse, de bergamote et de café. Soirée charnière. Soirée pensée. Il fait doux et je lutte contre la nostalgie. Toutes ces années qui se sont enfouies si vite. Le temps d’un battement d’ailes. Celles que tu déploies maintenant.

Mes yeux se souviennent de ce petit être qui entre dans le monde sans l’avoir voulu. Après l’avoir senti tous ces mois vivre en dedans, la voilà en dehors. Ce petit corps qui me fait pleurer d’amour. Cette vie palpitante que je colle à moi, défiant quiconque de me l’enlever. De sa bouche aveugle, elle cherche un sein que je lui offre. Ma vie passe en elle et apaise son premier chagrin. Ma Tant-Voulue. Ma Si-Attendue. Mon petit moi. Je me fais corolle autour d’elle pour que perdure encore un moment ce cocon que mon ventre a tissé pour que ma Fille-Fleur s’épanouisse à l’abri.

Nuit après nuit, la poser sur ma poitrine. La regarder dormir. Irradier la paix et lui chantonner doucement mon Amour. Mes bras se font forteresse. Ma bouche se fait soleil. Mon corps se fait puissance. Dors mon Ange. Je suis là. Je veille sur toi que j’ai fabriqué de milliers de fils d’or. Ma vie n’est rien, la tienne est tout. Ses sourires, ses bras qui se tendent, les tables de multiplication, les colliers-haricots, nos ancêtres les gaulois. Les Noëls qui te fascinent et que nous préparons ensemble, les sapins immenses et les tables scintillantes. Ta première chorale. Ta première guitare. Nos 4 mains d’une Lettre à Elise et tes éclats de rire à N’Gor dans une immense gerbe d’eau. Tes amandes vertes qui me regardent gravement parce que tu ne sais pas pourquoi mes longs cheveux tombent. Tes larmes qui me crucifient quand tu comprends. Apprendre un soir que tu es devenue femme, avec cet air qui n’appartient qu’à toi et qui découragent toutes les questions indiscrètes. Les petits matins douillets où tu te glisses dans mon lit pour retrouver une chaleur à jamais gravée dans ton esprit. Des confidences murmurées. Tes amours. Les miennes. Tes envies, tes passions, tes rêves. Je t’écoute. Je souris. On câline.

Tu es là avec cette valise presque aussi haute que toi. Tes cheveux dévalent tes épaules et tu portes ce jean que tu as relooké en saccageant ma réserve de fils à broder. Tu es là, prête à partir, prête à t’envoler. Prends soin de toi mon Petit. Appelles moi. Je suis si fière de toi. Je t’Aime. Tes bras autour de mes hanches et ta tête dans mon cou. Tu es encore si petite. Mais tu es dans une autre vie depuis 22 ans. La tienne. Il y a bien longtemps qu’elle m’a échappé. Etoile filante qui s’était invitée au centre de moi pendant 9 mois. Navire amiral, je t’ai bercé de mes voiles. J’ai tenté d’éclairer tes premiers pas d’une couleur liberté. Je t’ai offert la poussière et le monde entier. Je t’ai inventé des montagnes arides que les hommes ont oubliées. Je t’ai dessiné les neiges éternelles, la brume sur les rivières, les jardins de dunes. Tu m’as donné ce sourire rose-désert, ta douceur de bébé-étoile, mon enfant voie lactée. Je te redonne ta vie. D’une mélodie au bout des doigts, tu serres mes mains et me rassure. Tout va bien. Je t’appelle. Je t’Aime Maman ...


Rhoulm mine kind, met daney ofeney and famart oygn
Met daney and hemteley troug sleibm met dayn gansey hart
Lundi 28 août 2006
Il y a tellement à dire. Tellement à penser. Tellement à rêver. Encore et encore. Pour moi, il y a tellement à écrire. Ouvrir ma boîte à images, mon tiroir à secrets, les regarder tendrement, les caresser. Leur trouver enfin les mots qui ne les videra pas de leur sens. Pouvoir en décrire la douceur, l’envie, l’élan, les caresses, le sourire, un baiser dans la rue. Peu importe que ce ne soit pas celui de l’Hôtel de Ville. C’est beaucoup mieux. Celui de la rue de Lappe …

Je les ai, les mots. Je les sens au bout de mes doigts. Ils me pressent, ils se pressent. Non … pas encore … je veux encore les garder pour moi. Les savourer chaque seconde qui passe. Revivre chaque moment comme un instant d’éternité. Se dire qu’on a tout donné. Savoir qu’on a tant reçu. Se faire l’amour des heures entières à la table d’un restaurant, avec les mains, avec les yeux, avec nos phrases. Les autres ne comptent pas. Il y a que Nous. Là, simplement, ensemble.

Chaque heure qui s'égrène amène son lot de jamais vu, de jamais vécu. Créer à deux la minute qui vient. Pour la vivre. Surtout, ne pas la garder prisonnière. Qu’elle s’échappe et qu’une autre prenne sa place. Plus forte, plus intense, plus Nous. Au-delà du sexe, au-delà de nos peaux, il y a nos âmes. Il y a ces moments où elles se confondent, elles se blottissent dans les bras de l’autre. Où elles y puisent l’odeur de la nuit, une tendresse immense, une odeur d'infini.

C’est une si belle histoire. Ne m’en veuillez pas de ne pas vous l’écrire maintenant. Je partagerai avec vous ces images, ces moments hors du temps. Plus tard. Mais, pour l’instant, ils ne sont qu’à Moi, ils ne sont qu’à Lui, ils sont trop Nous. Une musique si douce, si chaude, à l'unisson …
Mercredi 23 août 2006

Bon, c’est pas le tout … après cet interlude dont finalement je remercie ceux qui l’ont provoqué, il serait temps que je me remette au boulot. Quand je feuillette les petits bouts de papier qui couvrent mon bureau ou qui remplissent mon tiroir, je me dis que c’est pas les idées qui me manquent … ça, ça n’étonnera personne !!!

Alors tant mieux, parce que MaGaliette prenant son envol dans les prochains jours, et malgré une pression très accentuée des Men-in-Black sur mon site pharmatico-industriel, mes soirées vont être singulièrement centrées autour de …. Moi-même … impression bizarre, quand depuis 22 ans, chaque jour, chaque nuit, vous n’avez pensé qu’à un bout de chou qui a grandi sans que vous ne vous rendiez compte que le temps a passé. Elle part donc pour le monde extraordinaire de Disney et sera bien plus près de vous que de moi. Qu’elle réalise ses rêves, qu’elle continue d’être aussi belle dedans que dehors et que jamais, elle n’oublie de garder la tête droite et les idées claires. Elle est ce que j’ai fait de plus beau dans ma vie et ce que j’ai de plus cher.

Biieenn … en magasin, j’ai une histoire de parking, une demande au sujet de mouillettes, des idées sur une adaptation très personnelle de Tristan et Isolde avec musique à l’appui, certains m’ont demandé si Camara acceptait que je continue à publier notre correspondance, des pages de musique, des rêves, des fantasmes, des vécus que j’aimerais partager … vous dire si c’est le bordel sur mon bureau … que celui de Frankie à côté, c’est une salle d’op avant une transplantation cardiaque …

Je vais réfléchir à tout ça entre deux pauses clope, 54 cafés, 310 coups de fils et quelques passages à la production Certains pharmaciens que nous venons d’intégrer sont … pppfff …. Mais tellement jeunes, alors, je me contente de regarder …

En attendant, pour me préparer au débarquement des aliens … today, specials greetings for our Chief’s Goddess … and Thank’s a lot for all your words.

Love and kisses. Chouchou

 

 

Lundi 21 août 2006
Texte posté sur un Ailleurs en août 2006 parce que des sous-motorisés de la boîte cranienne explosaient dans leur paranoïa

Savez-vous qu’il y a de par notre si petit monde
Des gens qui se posent en donneurs de leçons
Leçons de morale, d’amitié, de choses de la vie.
Voyez-vous, ces gens-là sont si bons
Et vous si mauvais, qu’il ne vous reste en contrepartie
Qu’à disparaître sous un flot de merde immonde

Savez-vous, quand j’y pense, ce qui au fond me rassure
C’est que dans leur doux univers manichéen
Où seules existent leur douleur, leur vie, leur nombril
Faut-il qu’ils s’ennuient dans leurs vérités d’évangile
Pour qualifier nos mots qu’ils abhorrent de divins
Et nous cracher un « indécent » comme leur pire meurtrissure

Savez-vous, que sans crier gare et sans vergogne
Ces gens-là se rappellent à vous avec leur grogne
Après le silence, après des semaines d’oubli.
Ils sont là et tournent au-dessus de votre vie
Avec leurs lâchetés et leurs regrets si lourds
Aussi envieux et affamés que des vautours.

Savez-vous qu’il ne faut surtout pas chercher
De leur manque de dignité ou de leur absence d’orgueil
A les plaindre ou à les excuser
Car dans leur fragile équilibre, ils se fabriquent une image
Qu’avec complaisance, ils ne pourront regarder que d’un œil
L’autre mourrant d’envie de procéder à son arrachage.

Savez-vous que vous n’êtes surtout pas des gens petits
Ni mauvais, ni mal  baisé, ni âme perdue
Vous êtes vous-mêmes et c’est déjà bien au-delà
Que ce que pourront prétendre vivre ces gens-là
C’est d’ailleurs parce qu’ils le savent, qu’ils vous tuent
Par des mots qui ne font que trahir leurs rêves inassouvis.

Alors, par Dieu et foi de Chouchou qui vous souris
Vivez et aimez sans reculer, sans jamais rien regretter
Entre bien et mal, vous le savez, la frontière est ténue
Mais quand il vous faudra faire le bilan de votre vie
Qu’au moins vous puissiez vous dire que vous l’avez vécue
Alors ce jour-là, sur la balance, vous poserez un cœur léger.

Et puis avec mes quat’ vers maladroits
Je me refuse à la colère ou à quelque basse vengeance
Qu'importe si ici bas, on me voue aux gémonies et aux tourments
De Dieu seule et avec sérénité, j'accepterai le jugement
Alors ce soir, je ne veux vous offrir du bout de mes dix doigts
Qu’un grand éclat de rire et la force de mes espérances

Lundi 21 août 2006

 

 

 

Ben oui la mire et alors ... y'en a à qui ça pose un problème ?

...

Aboli il y a 150 ans ? je n'en suis pas sûre. L'esclavage a pris des formes rampantes, bien plus insidieuses parce que légalisées. N'oubliez jamais que la haine prend parfois le visage d'un homme ordinaire qui prétendra n'avoir fait que son métier, n'avoir qu'obéi aux ordres mais qui aura lynché, torturé, assassiné ...


On peut avoir honte de son pays. Il suffit de dire qu'on est d'ailleurs. Mais que fait-on quand on a honte d'être humain ?


LIVRE D'OR 

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