Dimanche 27 mai 2007

Le souvenir de nos amours … il est toujours si vif dans mon esprit. Mon corps vibre à l’évocation de nos désirs, de nos explosions, du plaisir. L’obscurité d’un parking, la lueur de la lune au travers d’un rideau, fantaisie d’un chemin de campagne. Entrouvrir ta chemise et y glisser ma main. Mon corsage qui glisse et mon dos qui se dévoile dans une avalanche de tâches de rousseur. Un soir, j’ai enserré ma taille dans une guêpière de dentelle que tu as pris tant plaisir à délacer. Souviens-toi … ton souffle lorsque tu en écartas doucement les pans, tes mains qui effleurèrent mon dos pour venir se fermer sur mes seins.

Mes seins t’enivrent, tu te repais de leur sensualité capiteuse. Ta bouche les modèle, les déguste. Pour eux, tu as les soins et l’amour d’un boulanger pour le pain qu’il pétrit. Que tu ouvres les hostilités de ta langue et ma gorge en frissonne de plaisir. Mon corps te réclame alors tout entier, dans un déluge d’humidité. Il appelle ta bouche qui se délecte de ce goût secret de toi seul connu, le miel tiède dont tu enrobes tes doigts pour les porter à nos lèvres.

Dans ton regard si doux, je lis la même envie de retrouvaille, ces retrouvailles que nous aimons d’une lenteur extrême. Le désir grandit dans nos ventres, notre sève s'écoule, nos corps écrivent une ode à la tendresse. Délivré de ses vêtements, le tien libère un parfum d’intimité si particulier, odeur de perle que je viens cueillir du bout de mes lèvres. Mes mains entourent tes hanches, tes fesses rondes. Tu te laisses effleurer, laissant à peine échapper un gémissement. Tu ne me quittes pas des yeux, tu jouis de me regarder te boire, enfouir mon nez au creux de tes cuisses. Sentir naître sous mes lèvres un frémissement involontaire, initiateur d’une sève qui monte inéluctablement. Sexe soyeux, chair humide, ma bouche s’enchâsse, te capture, enlace ton désir qui ne demande qu’à tenir ses promesses. Je t’enflamme de pressions légères, mes caresses s’insinuent, se font intimes, profondes, sensuelles. Je serpente vers toi pour partager ton goût étrange, fort. Je t’apprends à te goutter.

Dans un geste tendre, tu me repousses, me retournant pour ne plus voir que la chute de mes reins, la naissance de mes fesses. Fou du désir qu’elles ont suscité, tu entres en moi dans un gémissement où ta joie se mêle à mon animalité. Je t’offre une vue imprenable. Tes hanches œuvrent lentement, chacun de tes mouvements est un si doux supplice. Tes mains me capturent et s'attardent sur une fleur éclose qu’elles martyrisent pour mieux la faire jaillir.

En toi, une détermination, mélange de douceur et de fermeté. Tu attends l'explosion que tu devines prodigieuse. Tu vas et tu viens, atteints le fond de mes chairs. Nous sommes enchâssés l'un dans l'autre. Les muscles de mes chairs se referment sur toi quand, dans un feulement sauvage, tu te libères en salves brûlantes qui m’emplissent tandis que des centaines de papillons irradient mes entrailles dans le bruissement de leurs battements d’ailes.

 

 

Mardi 22 mai 2007

...

S'il vous plaît ... laissez-moi au moins quelques jours.
Je reviendrai quand j'irai mieux

Lundi 21 mai 2007

Nous cheminions lentement, Dieu et moi, sur un chemin de halage, le long du fleuve. C’était une soirée d’automne très douce. Certaines branches se courbaient au-dessus de l’eau comme pour dire … regarde, je suis si belle dans ma parure toute d’ôcres … Les chiens couraient devant, s’arrêtant parfois pour se retourner vers nous et nous jeter un regard réprobateur quant à la lenteur avec laquelle nous avancions.

A cet endroit, le fleuve redevient humain. Moins large, son eau est plus claire, plus fluide. Entre le tumulte de sa naissance montagneuse et la majesté de ses épousailles avec l’océan, il coule tout en sagesse. Son ruban foncé se déroule entre villages et forêt et nous goûtions sa fraîcheur tout en parlant
.

- Assieds toi un instant fit Dieu en se laissant aller sur un banc adossé au feuillage. Nous avons le temps et les chiens sauront revenir. Tu sais ma Chouchou, il est encore long le temps qu’il t’est donné de vivre. Pourquoi cette obsession à vouloir abréger le chemin ?
 

- Je suis fatiguée, usée. J’ai tout donné et il est de plus en plus lourd de poser un pied sur la terre le matin.

- Je peux comprendre ça tu sais ? Tiens, regarde cet homme qui s’avance vers nous …

En effet, à quelques centaines de mètres du banc où nous nous reposions, je distinguais la silhouette d’un homme voûté, les mains cachées dans les poches de son pardessus sombre. Il marchait en regardant ses pieds comme si chaque pas lui demandait un effort démesuré et qu’il craignait que le sol ne se dérobe à chaque instant. Au fur et à mesure de son approche, je devinais les traits de son visage défait. Il avait sans doute été très beau mais aujourd’hui, il ne restait que le désespoir.  

- Il est au bout et je ne ferais rien pour empêcher ce qu’il va faire. Parce que c’est comme ça que son Livre est écrit et je ne dois pas intervenir.

- Tu ne vas pas le laisser faire !! P’tain, tu es toute puissante !! Je peux lui parler, le raisonner, l’aider à trouver une raison, une seule foutue bonne raison de continuer !!!  

- Non !!! La voix de Dieu avait claqué comme un coup de fouet. Dans ses yeux, des éclairs, un commandement impératif qui me clouaient au banc. Tu ne feras rien, tu ne bougeras pas. Il n’est pas en ton pouvoir de changer le cours des choses. Sers-toi de ta tête pour une fois ! 

L’homme passa devant moi et je restais sans bouger, maudissant cette paralysie que je ne pouvais surmonter. Il dégageait une grande force, une énergie qu’il ne voulait plus utiliser que dans un dernier geste, définitif et salvateur. Il disparut dans le coude que formait le chemin et dans l’air qui bruissait, j’entendais ses pas lourds racler un peu les pavés du chemin. Puis, je ne les entendis plus. Quand le coup partit, je sursautais brutalement. Le cœur éparpillé, les yeux mouillés, l'âme crucifiée, je serrais les poings et la jointure de mes doigts blanchissait dangereusement.

- Tu n’es ignoble !! A mots hachés, violents, je crachais ma colère à la figure de celle en qui j’avais tant cru.

- Chouchou, il a vécu bien au-delà du vivable. Il a souffert plus que tu ne peux l'imaginer et il était temps qu’il trouve la paix. Mais dis-moi, pourquoi chercher à le retenir, lui, et toi, dans le même temps, n’aspirer qu’à l’imiter ? Car enfin, c’est le même geste que je vois dans tes pensées lorsque je m’y penche. Ce sont les mêmes raisons déraisonnables. Dans son regard vide, tu as croisé le désespoir le plus absolu et rien, ni personne ne pouvait le ramener de cet ailleurs dans lequel il s’était réfugié. Dans ton regard, il y a encore une étincelle, toujours de la vie. Cette étincelle de vie que tu étais prête à lui donner pour qu’il ne sacrifie pas la sienne. Réfléchis, Chouchou, réfléchis …

- Il m’importe peu de donner ma vie pour en sauver un autre. C’est comme cela que ça marche non ? S’unifier dans une dernière et immense utilité, que l’on meure pour qu’un autre naisse. Pour quelle raison devrais-je encore trouver un sens à ce qui n’en a plus et pas lui ? Pourquoi m’interdire ce repos ? La vie ne vaut que dans ce que l’on a à partager, à donner, à recevoir. Quand elle se vide, quand les secondes s’immobilisent, dis-moi un peu ce qu’elle vaut ?!!!

- Elle vaut les larmes que ta fille ne versera pas. Elle vaut la douleur de ceux qui t’aiment et qu’ils ne vivront pas. Elle vaut toutes les partitions que tu n’as encore jouées, tous les mots tendres que tu n’as pas encore prononcés, toutes les caresses que tu n’as pas encore reçues. Elle vaut plus cher qu’un sacrifice inutile. Elle vaut tout ça et bien plus encore. Tu n’as finis d’écrire ton Livre, crois-moi ... même si tu ne crois plus en moi. Je m’accommoderai mille fois plus de tes doutes et de ton scepticisme que de ta disparition. Les étoiles sont suffisamment nombreuses là-haut et ta place n’est pas encore prête. Et puis, je n’ai encore trouvé personne qui prépare aussi bien que toi le mint julep. D’ailleurs, t’as vu l’heure ?

Je sifflai les chiens et nous refîmes en silence le chemin à l’envers. La nuit tombait lorsque nous retrouvâmes la Tanière. De mon balcon, je levais les yeux vers le ciel, essayant désespérément d’y trouver une nouvelle lumière. Mais je ne rencontrais que l’obscurité.  

- Demain. Tu la verras demain, l’étoile que tu cherches. Je te le promets. Tiens … voilà ton verre. Pour une fois, c’est moi qui l’ait servi. Donne-moi ta main, je la tiendrai jusqu’au matin et nous regarderons le soleil se lever ensemble. Oh et puis souris à la fin … si tu savais comme tu es moche quand tu fais la gueule !!!

 

 

Dimanche 20 mai 2007

Encore une nuit qui s’étire
Mes mots qui ne veulent pas dormir
Recrachent des souvenirs abîmés
Où les jours d’un été
Ne parlaient pas encore de mal au cœur
Tendres et cruels
Quand ils me parlent de nous

Moi je m’enfonce
Pareille à ces gens
Qui vont les yeux devant
A la recherche d’un lendemain
Qui se prendrait pour un dimanche
Bien propre dans sa chemise blanche

Dans ce lit trop grand pour coincer ma solitude
Dans ces draps trop blancs pour cacher l’inquiétude
La nuit me rappelle une absence
Les petits matins froids et gris
Le soleil glacé comme une lame à rasoir
Et les après-midi glissants sans espoir
Où tant de cigarettes donnent la nausée

Ce soir, j’assassine une page vierge
Saignant sous la plume
Mes mots d’amour, mon amertume
Accrochant des rimes maladroites
Aux mots qui dérangent
Je n’existe plus et pourtant j’ai mal

Mal au cœur de souvenirs rêves maquillés
Mal au cœur de trop d’instant ratés
Et cette nuit qui n’en finit plus
De traîner son overdose d’ennui
Jusqu’à demain comme d’autres matins
Où personne ne m’attend plus
Même pas son image



 

Vendredi 18 mai 2007

 

 

 Que j'aime entourer ta taille de mes bras et promener mes mains dans ton dos. Mmmm ... cette peau nue et son odeur dont je me repais en étoilant doucement ta poitrine de ma bouche ... Chuuuttt ... ne bouge pas ... colle ton bassin à mes hanches, laisses ta tête dans mes cheveux. Si tu bouges, ce qui est en train de monter dans mes reins va exploser ... et je ne veux pas ...

 

 


Je ne bouge pas... ou presque...

Seuls mes doigts filent entre tes boucles d'or tandis que j'y plonge mon nez comme dans un bouquet de senteurs enivrantes ... Je ferme les yeux pour ressentir chaque parcelle de mon corps qui rentre en contact avec le tien ... Tes mains qui effleurent mes fesses... Ta poitrine qui s'échoue sur mon ventre ... Je ne bouge pas car la pousse qui s'épanouit à l'ombre de tes seins pourrait bien, elle aussi, exploser ... Et je ne veux pas ... 
 

... Juste ce frottement à peine perceptible de nos deux peaux l'une contre l'eau. Tes doigts qui accrochent si fort mes cheveux et ton souffle dans mon cou si chaud, si doux ... Les frissons qui te traversent quand mes lèvres aspirent légèrement le bout de tes seins qui se durcissent, quand de mordillements en suçons légers, ma bouche fait l'amour à ta peau dans un déluge de tendresse et de silence ...

 


... L'humidité qui perle entre mes seins est-elle seulement la mienne ? Elle rejoint en petits ruisseaux celle qui mouille mes cuisses ...

Mon ventre se creuse et vient épouser le galbe de tes seins généreux qui fondent sur moi comme glace au soleil ... Tes mains aux doigts légers caressent ma croupe, qu'ils imprègnent de douceur et de rondeur, sans s'y arrêter ...  D'autres perles se joignent aux tiennes et sans hésitation, je te confirme que ce sont bien les miennes ! Je m'épanouis entre nos corps qui se cherchent avec délice, sans oser se trouver ... Je pose mes lèvres sur ton front humide et le sèche du bout de la langue. Ton visage s'éclaire soudain, face au mien, et ta bouche devient une obsession ...

 


... obsession ... le goût de tes lèvres ... sentir qu'elles se posent sur moi, qu'elles courent sur mes épaules et accompagnent tes doigts dans une danse que mon corps reconnaît ... 

.... obsession ... le sel de ta bouche ... qui se dépose sur mon front en petites touches auréolées. Paupières fermées, ronde-baisers ... 

... obsession ... mon doigt sur ta bouche ... qui en dessine le contour pour en écarteler les lèvres.

... obsession qui fait place aux sensations ... celle de mes lèvres tremblantes qui effleurent les tiennes et de mes doigts dans tes cheveux comme un feu de paille...

sensations de tes caresses divines qui se font moins sages et viennent à ma rencontre dans un ballet aux couleurs chaudes et douces à la fois ...
sensations de ton doigt capté par ma bouche qui mime un simulacre de pulsion sauvage au parfum de déraison ...

sensations quand les étoiles de tes yeux rejoignent les miennes pour briller dans le même ciel ...

sensations qui ne sont qu'invitations ... invitation à te dire ... viens !!

 


... répondre à une invitation par une autre ... Je ne vais pas me dérober ! Juste avant de t'emporter, laisse-moi poser mes lèvres sur les tiennes et goûter à la chaude moiteur d'un tendre baiser ...

Mes mains en pétales sur tes joues, je savoure l'instant précieux où nos corps se fondent l'un dans l'autre par nos salives mêlées ... Saveur onctueuse de ta bouche dont je me délecte jusqu'à l'ivresse ...

Laisser divaguer tes caresses, puisque je t'ai invité ... et si …

si de la saveur de ta bouche je peux enfin me gorger,
si je réponds à la moiteur de ce baiser,
si je laisse dans tes mains mon visage posé,
si je laisse mes caresses divaguer …

ce n'est pas que de salive que nos senteurs seront mêlées,
ce n'est pas que d'ivresse que mes yeux vont se fermer,
ce n'est pas que de frissons que mon corps va être secoué,
ce n'est pas que de pluie que je vais être inondée

Si... alors ... tu m'auras emporté

 

 

 


Alors ... si ... prends mes mains qui te guident ... viens t'échouer sur ma grève pour assouvir tes désirs ... il ne manque plus que toi pour accomplir notre œuvre... Ferme tes yeux si tu ne veux pas voir ... tes frissons seront les miens ... et que l'orage gronde en toi pour que la pluie me couvre enfin de ta jouissance ... Je t'invite à me consumer ... Je t'accueille en mon sein pour te guider et non te perdre ...

De ma main, je te guide, pour qu'au creux de moi, tes frissons me traversent. Je ne fermerai pas les yeux et ne ferme pas les tiens. Je ne voir que toi dans cet orage qui m'enveloppe. Je ne voir cet éclair qui allumera ton regard quand ta main comprendra. Je ne veux sentir que toi qui me suit et m'accompagne si loin ... 

 ... Maintenant ...

 


Je te suis au creux de toi ... et si des frissons te traversent, ce ne sont que les miens qui se propagent dans ton corps...

Mes yeux perdus dans les tiens, je découvre une infinie douceur où nos doigts se mêlent à l'unisson ... Le refuge de ce plaisir que tu dissimulais si bien s'ouvre à ma main qui l'effleure avec délicatesse ... Terre vierge et imberbe que je ne me décide pas fouler ... pas tout de suite ... J'ai encore besoin de tes lèvres ... de tes baisers ... pour m'y perdre ...

 

 

 

...

Aboli il y a 150 ans ? je n'en suis pas sûre. L'esclavage a pris des formes rampantes, bien plus insidieuses parce que légalisées. N'oubliez jamais que la haine prend parfois le visage d'un homme ordinaire qui prétendra n'avoir fait que son métier, n'avoir qu'obéi aux ordres mais qui aura lynché, torturé, assassiné ...


On peut avoir honte de son pays. Il suffit de dire qu'on est d'ailleurs. Mais que fait-on quand on a honte d'être humain ?


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