Mercredi 30 avril 2008
Dimanche 27 avril 2008

Sans doute une transition … une période charnière comme toute vie en comporte … je ne parle pas forcément de moments lourds de questionnement existentialiste … juste l’impression que quelque chose change, qu’une modification infime mais significative de l’air a eu lieu et qu’il faut en tenir compte. On ne sait pas où tout cela va nous mener, le destin nous échappe et notre avenir, jadis si clair, se floute. Il n’y a encore qu’un frémissement … un je-ne-sais-quoi  d’indéfinissable qui s’insinue en nous … qui nous oblige à porter un regard différent sur ceux (et ce) qui nous entourent.

Est-ce la vie qui se rappelle à nous de bizarre manière ? Possible … Elle est facétieuse, la vie … A nous balader d’autoroutes en chemins vicinaux … à nous laisser croire en un long fleuve tranquille pour un soir, devenir torrent tumultueux … Il ne faut jamais négliger un souffle de vent qui enfle les rideaux. Annonciateur de bien-être ou d’orage, quelque soit le signe que l’on décide de reconnaître, il faut être à l’écoute. Prêt à assumer ses convictions, à revenir sur ses certitudes, à faire de nouveaux choix, même les plus douloureux.

Depuis quelques temps, une sensation s’incruste, de plus en plus forte. Celle d’être passée au travers de nombreuses épreuves, de l’avoir échappé belle  et de ne plus être reconnaissante.  De monter dans un train dont on ne veut pas me laisser descendre, de me contenter de regarder la vie par la fenêtre et de laisser filer le temps dangereusement vite … Et une petite phrase qui me martèle : « Tout ça pour … ça ?!!! » …

Ce blog n’est pas ma vie. Il n’est qu’un iota de ce qu’elle est, la facette virtuelle d’une réalité bien plus vaste. Qu’importe ce que j’y écris et ce que vous en lisez, il n’est qu’une parcelle infinitésimale de ce qu’il reste à découvrir. De ces moments dont vous ne verrez rien parce qu’ils sont à vivre, d’abord et avant tout. La vie est une maîtresse possessive et le virtuel doit accepter les limites qu’elle lui fixe. Celle de n’être que spectateur. Un rôle pour certains malaisé mais auquel il leur faut bien se confiner, s’il leur manque la volonté de passer de l’autre côté du miroir … ce côté d’une Femme-Lionne faite de chair et de sang, de rires et de pleurs, de doutes et de certitudes, rouge violent ou blanc laiteux … ce côté vivant et réel dans lequel j’existe pleinement et dont cet espace ne sera jamais qu’un reflet intermittent.

Samedi 26 avril 2008

Cours après moi que je t’attrape … fines mouches qu’ils étaient nos vieux. Rabâcheuse invertébrée, j’ai très envie d’en remettre une couche. Par la même occasion, j’assouvirai peut-être aussi ma méchanceté latente. A moins que cela ne soit que de l’ironie ou du désabusement. Je laisse le soin à ceux qui ne confondent pas de faire le tri.

A regarder la vie et ceux qui en bénéficient, je me demande après qui ils courent. Ou après quoi … Le pognon ? Y’en a plus ou si peu que ça ne vaut franchement plus le coup d’y  perdre son souffle. Le boulot ? … oui pour ceux qui en ont encore, mieux vaut s’y accrocher. P’tête bien après l’amour alors ? Fichtre ! Causons-en avant que cela ne devienne une grossièreté. Mais n’est-ce pas déjà le cas ! Si, comme le proposait Desproges, ceux qui ne savent pas de quoi ils parlent, la fermaient, le monde merveilleux du blogcosmos pèserait moins lourd. Remarquez combien rares sont les plumes capables d’imaginer une histoire d’amour et de la livrer sans que nous pensions une minute qu’ils ne l’ont pas vécue. Pour beaucoup … maalheeuurrr !!! Ils s’éparpillent  aux 4 coins de la toile, ramassent ça et là des expressions, des images, les amalgament approximativement, oublient de se relire et balancent la purée en espérant que leurs espaces dégoulineront bientôt de commentaires évanescents et dithyrambiques (non, ce n’est pas antinomique !).  Oh pour dégouliner, ça dégouline ! Si c’est après ça qu’ils courent, inutile d’aller bien loin ni bien vite pour être rattrapé. Dans ce domaine, on n’a souvent que les lecteurs qu’on mérite. Encore que ça dégouline aussi sur les textes de qualité. Quand un des lecteurs sus-évoqués s’égarent sur des terres mieux cultivées, quelque chose en eux vibre. Toy oublié ou subite lucidité séparant le bon grain de l’ivraie ? Toujours est-il qu’ils s’accrochent alors comme les morpions sur le bas-clergé moyenâgeux.  Pas que cela pose problème au blogueur estampillé Qualité. Le narcissisme (qui est en nous tous) est flatté, comme le bon chien quand il ramène sa balle.

Ce qui m’titille là dedans, c’est qu’un lecteur en cachant souvent un autre pas nécessairement d’aussi bonne facture, c’est la pandémie galopante qui s’instaure. Les coureurs d’après qui ou quoi pensent avoir trouvé là matière à s’asseoir. Et ils s’installent, comme ils le feraient dans votre salon, posant leurs pieds sur la table, remplissant l’espace de leurs avis sur tout, l’ouvrant quand on espère qu’ils vont enfin la fermer … Ces ôte-toi de là que je m’y mette font tant de bruit que si le proprio n’y prend pas garde, ses vieux potes finissent par devenir silencieux avant que de s’absenter définitivement. Et alors me direz-vous, rien ne les y oblige. Certes ... Voyez-vous, lorsque je suis invitée, je ne m’autorise pas à dicter une quelconque conduite à des convives qui ne sont pas les miens et j’applique aux blogs (ceux des autres) ce précepte qui me paraît être signe de savoir-vivre. Et alloooorrss … t’en fais quoi de la liberté d’expression ? Y z’ont bien le droit de parler non ? … Tout à fait d’accord. Voilà une liberté que je leur accorde tant elle ne vaut plus grand-chose non plus aujourd’hui. C’est un peu comme le coup de la peinture … faire du bruit, c’est fastoche, parler c’est plus difficile. Je comprends pleinement leur besoin vital d’exister, fut-ce au prix d’une relation qu’ils parasitent. Je laisse à mon hôte un choix qui lui incombe et si nous ne disposons pas d’un ailleurs à l’écart de la meute, alors nos chemins se sépareront-ils. Comme ils le feraient dans la « vraie » vie …

Avec tout ça, je crois que je me suis un peu égarée sur le fil de mes pensées … C’est un fichu défaut qu’il faudrait que je corrige mais je doute de pouvoir changer mes fondamentaux à mon âge. Surtout lorsqu’ils ne me dérangent pas … Le soleil est là et depuis hier, j’ai comme une grande chaleur qui s’est annoncée. Une de celles qui vous font la vie plus belle et les journées radieuses. Autant que je profite de cette douceur inattendue. Profitez aussi … le ciel est bleu, l’eau mouille et demain est un autre jour.

Mercredi 23 avril 2008

Je meurs d’envie de faire mal bien que je sache que cela ne me fera aucun bien. Encore que … dire du bien, ça ne fait pas de mal, je suis bien d’accord. Mais parfois, dire du mal, p’tain que ça fait du bien !!! Notez que je ne culpabilise pas un poil. Que celui qui n’a jamais … quand je dis jamais, c’est vraiment jamais … eu envie de faire mal se précipite en psychiatrie se faire examiner l’intérieur. Il y a des chances pour qu’il soit plus atteint que moi qui manie le scalpel de temps à autre.  

Pour assouvir ce besoin, j’ai commencé par jeter des frites crues dans de l’huile bouillante. Comment elles ont grillé les pataaateeees !!! … Je n’ai pas allumé la radio, ni la tévé. Non mèche … vais pas me laisser emmerder par les médias !!! J’avais envie d’un ti’punch, mais je me suis répondu que je n’avais pas envie de me le servir … Oh c’est bon, chui pas la bonne ! J’ai un voisin qui a sonné pour venir jouer au scrabble. J’ai pô ouvert. D’abord, il est petit et ouvrier. Je suis grande, agent de maîtrise et je ne me mélange pas. Comment ça salope ?!!! … C’est lui qui passe son temps à pleurer qu’il est petit et ouvrier, alors qu’il assume ou qu’il change de discours. De toutes les façons, je lui aurais piqué tous les triples et il serait reparti encore plus complexé. Finalement, je lui ai rendu service. Puisque j’en étais à faire du social, à une rigolote qui se souvenait de mon e-mail, j’ai répondu qu’il y avait d’excellents charters pour la Grèce et pour finir, à une greluche qui rêve d’être moi au point de m’envier mon cancer mentholé (y’a des cons moi j’vous l’dis !!!), j’ai écrit que la place était libre et que je lui souhaitais bien du plaisir, ce qu’elle aura peut-être, mais aussi bien du malheur, ce qu’elle aura sûrement.

Môôvèèèèèèzze heiinnn ? … et encore, j’ai joué petit bras. J’avais envie d’écrire d’un humour grinçant, des mots cinglants et des phrases qui dérangent. De ces textes nés d’un calme terrible, d’une lucidité mordante et sous couvert d’ironie, découper vif le faux naïf qui s’est aventuré sur mes terres. Mais écrire ainsi épuise sans rasséréner. En fait, je ne suis pas vraiment méchante. Alors, je sais bien que la mélancolie étalée à longueur de post vous lasse (elle ne m’enchante pas non plus) mais au moins, elle ne fait de mal à personne.  Ne râlez pas si je vous en colle encore un peu, vous avez toujours le loisir d’aller lire ailleurs alors qu’il faut que je fasse avec tous les jours ... Prenez patience et puisqu’il paraît que le soleil fait du bien, vous n’en avez plus pour longtemps à souffrir. 

Pensez, avec tous ceux qui me répètent que ça va passer, il faudrait que je sois une foutue garce pour faire durer … oui … pourvou que ça ne doure pas … Néanmoins (et les oreilles en plus), je remercie ceux qui me conseillent de prendre des vacances (je n’y aurais certes pas pensé toute seule). Histoire de faire mentir le dicton qui prétend que les conseilleurs ne sont pas les payeurs, toutes leurs subventions aux couleurs de la banque de France seront les bienvenues.


Lundi 21 avril 2008

Aime moi encore criaient les yeux remplis d’eau, suppliant, mendiant un geste, une seconde qui ne soit pas d’oubli. Ce n’est pas l’Autre qu’ils perdaient en terminant l’histoire, c’était l’espoir qui disparaissait à tout jamais. Et il est si douloureux de ne plus espérer. Si difficile de se raccrocher à la paroi lisse des nuits d’où ne monte qu’un seul souffle.

Décroche moi sonnait le téléphone sur la table oublié. Pourquoi faire répondait la voix cassée. Il paraît que le printemps est déjà là, que l’été s’approche. En se pressant, les pas pourraient encore aller  vers la lumière, celle qui réchauffe, celle qui rend vivant. Car il faut vivre, intensément, immensément, jusqu’à en mourir de joie.

Je n’ai pas choisi disait la femme sacrifiée. Fallait être la première ricanait l’autre, et puis qu’en ferais-tu de plus si tu l’avais ? La tête baissée murmurait … Je l’aimerais de toute mon âme, au creux des villes de lumière et au chaud des nuits étoilées, des symphonies de grand jour et l’oubli du vent mauvais. Je lui apprendrai le souffle du désert et les bruits de la brousse, la beauté d’un mirage et la joie d’y croire. De seconde en éternité, je construirai une vie où il existe, une vie où l’on ne meurt pas de transparence.

D’un éclat de rire moqueur, les mains balayèrent les rêves inutiles, ravageant les souvenirs et détruisant l'avenir. D’un revers arrogant, elles fermèrent l’horizon à double tour, prévenant ainsi toute nouvelle tentative d’évasion … Ppppffff … l’amour … qu'est-ce qu'elle croit ! Pour ce que ça sert …

...

Aboli il y a 150 ans ? je n'en suis pas sûre. L'esclavage a pris des formes rampantes, bien plus insidieuses parce que légalisées. N'oubliez jamais que la haine prend parfois le visage d'un homme ordinaire qui prétendra n'avoir fait que son métier, n'avoir qu'obéi aux ordres mais qui aura lynché, torturé, assassiné ...


On peut avoir honte de son pays. Il suffit de dire qu'on est d'ailleurs. Mais que fait-on quand on a honte d'être humain ?


LIVRE D'OR 

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