Lundi 31 mars 2008

Pour ne plus m’égarer dans les steppes d’un inconscient qui n’est pas le mien … pour ne plus traîner mes savates dans une vie qui ne m’appartient pas ... pour ne plus soulager une autre misère que la mienne … Je ne dirais plus jamais que je vais bien quand je vais si mal. Pour quelle raison devrais-je m’en priver ? Pour que ceux qui m’entourent se sentent bien à l’abri ? Pour les dédouaner de leur silence et de leurs constants détournements d’attention ? Pour répondre à leurs attentes en piétinant les miennes ? Pour écouter leurs sempiternelles histoires quand leurs yeux aveugles ne savent pas reconnaître la douleur quand elle est criante ?

J’ai longuement hésité avant de jeter sur la toile un post de plus sur la misère humaine. Et puis merdeee !!! C’est la mienne et à ce titre, je la revendique. Je revendique ma colère, ma souffrance, mes angoisses et je hurle au vent ce désespoir qui me fait sombrer corps et âme. J’offre un baroud d’honneur à l’espoir dans sa bataille contre l’expérience Les grandes douleurs sont muettes ? Quelle puissante connerie !!!! Alors ce soir, mes mots claquent, agressent, dérangent. Je craque. Je pète un câble. Je lâche la rampe. Je rejette tout en bloc. Le système, les grands comme les petits maux. Les gens. Ceux qui ne me voient pas même quand ils me regardent. Ceux qui oublient et ceux qui ne se souviennent pas. Ceux qui mentent, ceux qui trichent, ceux qui souillent … Ceux qui dégoulinent sur mes godasses leur crasse quotidienne avant de disparaître au premier chant d’oiseau. C’est terminé le chèque en blanc, les alibis et le droit à l’ignorance. Finies les pitoyables vérités qui ne sont pas les miennes. La vérité n’est pas une et indivisible. Et puis, je n’ai pas de vérité, je ne suis que doute et tourment.

N’imaginez pas lire un simple soir de blues ou assister à un cas de démence très passagère. Le mal est bien plus profond, il s’est enraciné. Je ne crois plus aux regards, aux pensées, à l’empathie, en quelque promesse que ce soit. Je ne crois plus aux mots que je lis et dont je me demande quel mauvais coup ils devancent. Je révèle la paille dans la pierre, la faille dans le roc, la ride sur le lac … 1 et 1 ne font plus 2, si jamais ce fut le cas pour moi. Je ne sais plus qu’une chose : je vais mal, suffisamment pour en perdre toute pudeur et l’étaler ici, n’attendant ni pitié, ni lieux communs éculés qui ne soulageront pas mes nuits déchirées. Riez si bon vous semble, gaussez-vous … Quelle importance d’ailleurs … je m’en moque … Tant que vous ne me demandez pas de vous aider à m’aider … je suis fatiguée … si fatiguée …

Dimanche 30 mars 2008
Marcher d'un même pas, dans la même direction, sans se soucier de ce qu'en pensent les autres puisque seul l'Autre a de l'importance. Voyager léger puisque seul l'Autre est notre Essentiel ... Se donner une chance d'être heureux ... Le reste n'est que littérature et perte de temps ...







Vous avez le droit de ne pas être d'accord, de trouver cela neuneu ... mais c'est mon avis et pour une fois, je le partage.
Lundi 24 mars 2008

Des quatre coins de la blogosphère –la métaphore est géométriquement osée-, dégouline un univers qui pisse à longueur de post les tentatives, souvent vaines, de communiquer. Mais quelle est la raison première de toute communication ? Enonçons-la de façon simple …

 

… faire passer un message ayant un contenu utile d’un émetteur à un récepteur !

 

Mettre ce concept en application demande de la vigilance. Confusion et interprétation étant les fléaux majeurs de notre société avancée, je vais donc développer pour vous une forme de communication qui évite ces travers. Je m’abstiendrai de tout exemple concret qui ne pourrait que trahir le message général et pur que je veux faire passer. La pratique intensive que nos gouvernants mènent dans ce domaine depuis des mois suffira à ce que chacun y retrouve lui-même, par son expérience, un exemple en rapport avec le sujet.

Pour communiquer sereinement et sans crainte, un seul moyen : la « 
communication non-signifiante ». Elle pallie les écueils d’une communication signifiante que sont les risques de confusion entre messages signifiants et l’interprétation de messages insuffisamment signifiants. Recevoir un message signifiant génère en effet des frustrations qu’il ne faut en aucun cas négliger :

- celle de ne pas avoir émis nous-mêmes ce message,
- celle de ne pas pouvoir interpréter à notre guise le message trop clair qui est émis,
- celle de devoir s’intéresser aux autres,
- celle de devoir tenir compte de données supplémentaires dans nos pensées,
- celle d’attendre la suite (signifiante) généralement annoncée pour un message futur.

Il nous faut maîtriser le principe fondamental de la communication non-signifiante, c’est-à-dire s’astreindre à n’émettre que des messages sans la moindre signification. Cet exercice demande un entraînement rigoureux, parfois de plusieurs années. La lecture approfondie des messages élyséens et au besoin des cours de formation accélérée (au titre du DIF) vous aideront à progresser rapidement.

L’élaboration d’un message non-signifiant est infiniment plus longue et plus complexe que celle d’un message signifiant. L’élimination de phases encore teintées de sens est rendue difficile par la volonté inconsciente de donner un sens à son action. Je ne suis d’ailleurs pas sûre que le présent message ne comporte pas lui-même quelque signification et je m’en excuse par avance auprès de vous.

Attention aux obstacles. D’une part, éviter la brièveté et la concision du message qui pourraient le rendre trop percutant de signification et inciter le récepteur à le lire de trop près. D’autre part, distinguer la communication non-signifiante de deux autres formes de communication que l’on confond trop souvent entre elles, la communication insensée et la communication insignifiante.

La
communication insensée se distingue de la communication non-signifiante par l’absence d’intention de l’émetteur. Le non-sens émis est involontaire et le message envoyé n’est pas conforme à ce qu’il aurait voulu dire. A contrario, la communication non-signifiante est voulue et le non-sens émis parfaitement conforme à la pensée de l’émetteur.

La
communication insignifiante comporte une faible part de signification. Cette part présente encore le risque d’attirer inutilement l’attention du récepteur et lui donner ainsi une marge de fausse interprétation. La communication non-signifiante est au contraire totalement dénuée de sens.

Un autre intérêt de la communication non-signifiante est qu’elle ne permet pas la distorsion de la transmission et rend inopérants les filtres qui peuvent la déformer. En effet, la théorie de l’information nous enseigne qu’un message perd de l’information entre son émission et sa réception. Cette loi n’est plus valable pour un message non-signifiant, la quantité d’information reçue étant égale à la quantité émise. Dans ce cas, le rendement de la transmission est maximal. L’entropie de l’information émise a atteint sa valeur maximale et l’information ne peut plus se dégrader.

Vous avez bien saisi (je n’en doute pas une seconde) les bienfaits que la communication non-signifiante amènera dans votre quotidien. Plus aucune interprétation déviante puisque le récepteur étant enfin habitué à la non-signification, les interprétations fausses qu’il peut en tirer sont désormais toutes non-significatives. Terminée la confusion avec un message à signification réelle, une phrase dénuée de sens pouvant être confondue avec une phrase sans signification, sans conséquence dommageable car leur signification est identique. Et au final, et c’est peut-être là le point le plus important, vous aurez éradiqué de façon définitive chez le récepteur les insatisfactions sus citées, lui laissant l’esprit insensible à toute forme de pollution à tendance revendicatrice.

Afin de vous convaincre des effets bénéfiques d’un tel mode de communication, je vous engage à contempler chaque jour l’admiration béate d’une minorité malheureusement dominante. Pour l’heure, je me contenterai de lire avec plaisir les réactions non-signifiantes que vous inspirent ces quelques lignes, en réfléchissant à la communication redondante sur le thème « Beau Président, la lumière de votre pensée me fait mourir d’extase ».

D’ici là, je vous invite à méditer sur cette phrase du très regretté Pierre Dac qui traduit bien le non sens régissant désormais nos vies : « parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs et imprescriptibles de ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l’ouvrir » .

Vendredi 21 mars 2008

En cette veille de week-end pascal, je tenais à vous remercier de m'être fidèle. Je voulais m'adresser également à ceux qui ont découvert, grâce à des mots clés étonnants, ce havre de paix, ce repère de mots … que dis-je ... ces pages remarquables (n’hésitons pas …) que n’ont pas encore colonisé les fanatiques de l’écriture textoïsée.

Mon inspiration me fit intituler un article « 
Sans culotte … ». Grâce à ce titre ô combien évocateur, mon indice de visite a fait un bond terrible. Ces lecteurs éphémères comprendront cependant que je ne suis aucunement navrée de les avoir très certainement déçus. Aucune photo exhibitionno-viandarde mais le simple récit d’une mésaventure dont l’érotisme tenait essentiellement à l'eau des fleurs. Et nous savons tous combien imaginer une culotte mouillée peut être éprouvant ...  

Cette semaine encore, ce titre, racoleur bien malgré lui, a attiré pas moins de 81 personnes contre 19 seulement pour la bio-fellation. Après ça, n’allez pas prétendre que l’environnement est un de vos soucis majeurs ! Le Poulpe résiste bien et s'accroche pour la 3ème semaine au top 50. Il est marqué à la culotte (encore !) par le tram et son improvisation en vocabulaire majeur. Je dois donc m’interroger sur vos attentes. Entre délire architectural et études cliniques, l’exercice n'est pas à la portée de tous mes délires nocturnes. Poster des photos de mes culottons serait rudement plus reposant.

 

L'oscar du meilleur mot-clé revient à l’expression « couilles sur planche ». Je vous en prie, vous qui avez atterri ici avec ces mots, faites vous connaître. Par pitié, éclairez d'une explication rationnelle ce terrifiant concept ... Nous sommes tous très impatients de la lire.

C'est tout pour ce soir. Vous pouvez retourner à la préparation de la cueillette des œufs mais veillez à ce qu’ils ne traînent sur aucune planche … on ne sait jamais …

Lundi 17 mars 2008

Et si vous aviez raison de vous inquiéter de ma santé mentale ? Et si je vous disais que je me suis imposée l’exercice de style du tram pour obliger mon esprit à trouver un chemin. Celui des mots que j’oublie, des synonymes qui ne viennent pas, des images qui sont là, au bout de la langue, mais refusent de naître … tenir en laisse un cerveau qui vous échappe. Quand les absences se multiplient et que la peur s’installe.

Combien d’instants à se sentir comme la flamme d’une bougie qui meurt faute de cire … être au milieu de nulle part et ne pas se reconnaître … être submergée d’un seul coup par une angoisse terrible qui mélange les gestes, appesantit la parole, alourdit l’expression … se sentir si démunie face au vide, incapable de réagir comme on sait toujours l’avoir fait. Et là … rien … nada … game over et the same player don’t shoot again …

Les pensées virevoltent sans que je puisse en saisir aucune. Je me disperse pour oublier que je me perds. Je crâne, je ris de ne plus me voir en ce miroir, j’élude, j’échappatoire … mais je la sais à l’affût, cette fleur vénéneuse qui me ronge. Elle prolifère sur les ruines d’une vie qu’elle compte bien détruire jusqu’au bout. Effacer la mémoire, reformater le disque sans réinstaller le système, tel est l’unique but qu’elle poursuit. Je m’entraîne à voyager dans le noir, sans repère et sans souvenir. Je me repais de mon passé avant qu’il ne sombre dans un non-avenir.

Inutile de plaider la fatigue, la grisaille, la solitude ou toute autre forme rampante d’alibi. Le diagnostic est posé et il est sans appel. Mes larmes ne sont pas loin mais je ne les laisse pas couler. Rien ne m'insupporte plus qu'un apitoiement malsain et inutile. Je me laisse emporter par un océan salé qui ne peut pas déborder, par une longue suite de demain qui ne m'appartiennent pas et où aucune main ne me guidera. Dans la brume qui me recouvre, je me floute et je m’habitue à disparaître. Mais peut-on disparaître quand on n’a pas été ?

...

Aboli il y a 150 ans ? je n'en suis pas sûre. L'esclavage a pris des formes rampantes, bien plus insidieuses parce que légalisées. N'oubliez jamais que la haine prend parfois le visage d'un homme ordinaire qui prétendra n'avoir fait que son métier, n'avoir qu'obéi aux ordres mais qui aura lynché, torturé, assassiné ...


On peut avoir honte de son pays. Il suffit de dire qu'on est d'ailleurs. Mais que fait-on quand on a honte d'être humain ?


LIVRE D'OR 

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