Mardi 29 janvier 2008

A la recherche d'Augias, je déambulais sur cette belle invention qu'on surnomme "la Toile". De fil d'ariane en fil d'écosse, un texte a accroché mon attention. Il est long ... très long. Malgré tous mes efforts, je n'ai pu me résoudre à en supprimer une seule ligne, tant chaque mot est essentiel. Cependant, même en diagonale (triste habitude de notre époque pressée), vous ne pourrez pas ne pas être frappé de son actualité ... 

Alors, l'utopiste que je suis encore s'est prise à rêver que chacun d'entre nous le remettait aux élus de sa municipalité, de son canton, de son département, de sa région jusqu'à en inonder les palais de la République dont les troupeaux d'Augias ne renieraient pas la fange ... Chaque feuillet ressucitant Hercule ... en tous les cas, c'est ce que j'ai décidé de faire dès demain ... 

Je vous laisse à votre lecture. Prenez tout votre temps, respirez-en chaque mot, projetez vous dans le passé pour qu'il inspire votre présent, suivez le chemin que l'auteur de ce discours a suivi, entendez vibrer sa voix lorsqu'il le prononça à la Chambre des Députés ... ne restez pas indifférent ... que pour 9 qui jetteront l'éponge avant le dernier mot, il y en ait au moins 1 qui lise jusqu'au bout, c'est mon seul souhait ...

-=oOo=-

« Messieurs, j'entends dire à tout instant, et j'ai entendu dire encore tout à l'heure autour de moi, au moment où j'allais monter à cette tribune, qu'il n'y a pas deux manières de rétablir l'ordre. On disait que dans les temps d'anarchie il n'y a de remède souverain que la force, qu'en dehors de la force tout est vain et stérile. (...)

Il faut profiter du silence imposé aux passions anarchiques pour donner la parole aux intérêts populaires. Il faut profiter de l'ordre reconquis pour relever le travail, pour créer sur une vaste échelle la prévoyance sociale ; pour substituer à l'aumône qui dégrade 
l'assistance qui fortifie ; pour fonder de toutes parts, et sous toutes les formes, des établissements de toute nature qui rassurent le malheureux et qui encouragent le travailleur ; pour donner cordialement, en améliorations de toutes sortes, aux classes souffrantes, plus, cent fois plus que leurs faux amis ne leur ont jamais promis ! Voilà comme il faut profiter de la victoire. (...)

Donner à cette assemblée pour objet principal l'étude du sort des classes souffrantes, c'est-à-dire le grand et obscur problème posé par Février, environner cette étude de solennité, tirer de cette étude approfondie toutes les améliorations pratiques et possibles ; substituer une grande et unique commission de l'assistance et de la prévoyance publique à toutes les commissions secondaires qui ne voient que le détail et auxquelles l'ensemble échappe ; placer cette commission très-haut de manière à ce que l'on l'aperçoive du pays entier ;
réunir les lumières éparses, les expériences disséminées, les efforts divergents, les dévouements, les documents, les recherches partielles, les enquêtes locales, toutes les bonnes volontés en travail, et leur créer ici un centre, un centre où aboutiront toutes les idées et d'où rayonneront toutes les solutions ; faire sortir pièce à pièce, loi à loi, mais avec ensemble, avec maturité, des travaux de la législature actuelle le code coordonné et complet, le grand code chrétien de la prévoyance et de l'assistance publique ; en un mot, étouffer les chimères d'un certain socialisme sous les réalités de l'Évangile. (...)

Je viens de dire : les chimères d'un certain socialisme, et je ne veux rien retirer de cette expression, qui n'est pas même sévère, qui n'est que juste. Messieurs, expliquons-nous cependant. Est-ce à dire que, dans cet amas de notions confuses, d'aspirations obscures, d'illusions inouïes, d'instincts irréfléchis, de formules incorrectes, qu'on désigne sous ce nom vague et d'ailleurs fort peu compris de « socialisme », il n'y ait rien de vrai, absolument rien de vrai ? (...)

Eh bien ! Messieurs, disons-le, et disons-le précisément pour trouver le remède, il y a au fond du socialisme une partie des réalités douloureuses de notre temps et de tous les temps
 ; il y a le malaise éternel propre à l'infirmité humaine ; il y a l'aspiration à un sort meilleur, qui n'est pas moins naturelle à l'homme, mais qui se trompe souvent de route en cherchant dans ce monde ce qui ne peut être trouvé que dans l'autre. Il y a des détresses très vives, très-vraies, très-poignantes, très-guérissables. Il y a enfin, et ceci est tout à fait propre à notre temps, il y a cette attitude nouvelle donnée à l'homme par nos révolutions, qui ont constaté si hautement et placé si haut la dignité humaine et la souveraineté populaire, de sorte que l'homme du peuple aujourd'hui souffre avec le sentiment double et contradictoire de sa misère résultant du droit. 

C'est tout cela, messieurs, qui est dans le socialisme, c'est tout cela qui s'y mêle aux passions mauvaises, c'est tout cela qui en fait la force, c'est tout cela qu'il faut en ôter !


En éclairant ce qui est faux, en satisfaisant ce qui est juste. Une fois cette opération faite, faite consciencieusement, loyalement, honnêtement, ce que vous redoutez dans le socialisme disparaît. En lui retirant ce qu'il a de vrai, vous lui retirez ce qu'il a de dangereux. Ce n'est plus qu'un informe nuage d'erreurs que le premier souffle emportera.

Trouvez bon, Messieurs, que je complète ma pensée. Je vois à l'agitation de l'assemblée que je ne suis pas pleinement compris. La question qui s'agite est grave. C'est la plus grave de toutes celles qui peuvent être traitées devant vous. Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère.

Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. 
La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas le fait, le devoir n'est pas rempli.

La misère, Messieurs, j'aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir où elle en est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu'où elle peut aller, jusqu'où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au moyen-âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?

Il y a dans Paris
Mon Dieu, je n'hésite pas à les citer, ces faits. Ils sont tristes, mais nécessaires à révéler ; et tenez, s'il faut dire toute ma pensée, je voudrais qu'il sortît de cette assemblée, et au besoin j'en ferai la proposition formelle, une grande et solennelle enquête sur la situation vraie des classes laborieuses et souffrantes en France. Je voudrais que tous les faits éclatassent au grand jour. Comment veut-on guérir le mal si l'on ne sonde pas les plaies ?

Voici donc ces faits : Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l'émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n'ayant pour lits, n'ayant pour couvertures, j'ai presque dit pour vêtements, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures humaines s'enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l'hiver
.

Voilà un fait. En voici d'autres : Ces jours derniers, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n'épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l'on a constaté après sa mort qu'il n'avait pas mangé depuis six jours. 
Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon !

Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société toute entière ; que je m'en sens, moi qui parle, complice et solidaire
, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l'homme, que ce sont des crimes envers Dieu !

Voilà pourquoi je suis pénétré, voilà pourquoi je voudrais pénétrer tous ceux qui m'écoutent de la haute importance de la proposition qui vous est soumise. Ce n'est qu'un premier pas, mais il est décisif. Je voudrais que cette assemblée, majorité et minorité, n'importe, je ne connais pas, moi de majorité et de minorité en de telles questions ; je voudrais que cette assemblée n'eût qu'une seule âme pour marcher à ce grand but, à ce but magnifique, à ce but sublime, l'abolition de la misère ! Et, messieurs, je ne m'adresse pas seulement à votre générosité, je m'adresse à ce qu'il y a de plus sérieux dans le sentiment politique d'une assemblée de législateurs ! Et à ce sujet, un dernier mot : je terminerai là.

Messieurs, comme je vous le disais tout à l'heure, vous venez avec le concours de la garde nationale, de l'armée et de toutes les forces vives du pays, vous venez de raffermir l'Etat ébranlé encore une fois. Vous n'avez reculé devant aucun péril, vous n'avez hésité devant aucun devoir. Vous avez sauvé la société régulière, le gouvernement légal, les institutions, la paix publique, la civilisation même. Vous avez fait une chose considérable... Eh bien ! Vous n'avez rien fait !

Vous n'avez rien fait, j'insiste sur ce point, tant que l'ordre matériel raffermi n'a point pour base l'ordre moral consolidé ! Vous n'avez rien fait tant que le peuple souffre ! Vous n'avez rien fait tant qu'il y a au-dessous de vous une partie du peuple qui désespère ! Vous n'avez rien fait, tant que ceux qui sont dans la force de l'âge et qui travaillent peuvent être sans pain ! tant que ceux qui sont vieux et ont travaillé peuvent être sans asile ! tant que l'usure dévore nos campagnes, tant qu'on meurt de faim dans nos villes, tant qu'il n'y a pas des lois fraternelles, des lois évangéliques qui viennent de toutes parts en aide aux pauvres familles honnêtes, aux bons paysans, aux bons ouvriers, aux gens de cœur ! Vous n'avez rien fait, tant que l'esprit de révolution a pour auxiliaire la souffrance publique ! Vous n'avez rien fait, rien fait, tant que dans cette œuvre de destruction et de ténèbres, qui se continue souterrainement, l'homme méchant a pour collaborateur fatal l'homme malheureux !

Vous le voyez, Messieurs, je le répète en terminant, ce n'est pas seulement à votre générosité que je m'adresse, c'est à votre sagesse, et je vous conjure d'y réfléchir. Messieurs, songez-y, c'est l'anarchie qui ouvre des abîmes, mais c'est la misère qui les creuse.
Vous avez fait des lois contre l'anarchie, faites maintenant des lois contre la misère ! »  


Victor HUGO
Actes et Paroles I, Assemblée législative 1849-1851 - 9 juillet 1849.

 

 

Lundi 28 janvier 2008

Nénervée ce matin … pourquoi ? mais parce qu’aujourd’hui, c’est lundi et que les lundis m’agacent. Les lendemains de dimanches devraient être des dimanches ! Depuis que j’ai pris conscience que je rêvais de plus en plus de cette longue succession de dimanches, je me résous de moins en moins à accepter qu’on soit lundi.

Oui, je suis agacée parce que je boirais bien un second café mais il faudrait que j’en refasse et je déteste faire le café le matin. Tout spécialement le lundi. Sauf quand Il est là mais Il n’est jamais là un lundi.

La radio raconte des imbécillités … principalement le lundi matin … un gouvernement entropique … des banques qui voudraient nous faire prendre les vessies prostatiques de leurs actionnaires pour des lanternes à pétrole … mais de quoi parlent-ils ? …

Pourquoi les chats veulent-ils rentrer à peine sortis ? Monsieur Grosse Queue me fait le coup tous les matins, notamment le lundi. Dés potron-minet, il n’a qu’une hâte, se percher sur la jardinière, inspecter les alentours et miauler ses avertissements à la cantonade. Le froid lui rappelle très vite sa couverture polaire, il pédale alors comme un forcené sur la vitre, m’obligeant à lâcher ma tasse pour lui ouvrir.

Quant à ma Blonde à Qât’pattes, pourquoi attend-elle toujours que je sois aux vécés pour sortir du lit ? Tout spécialement le lundi … Si je ne me précipite pas dare-dare sur mon manteau, c’est sur le tapis qu’elle va se poser … j’attends bien, moi, qu’elle renifle ses poteaux, ses touffes d’herbe, son bout d’asphalte … elle non … remarquez, je renifle rarement les pieds de chaises ou mon fauteuil avant de m’installer sur mon Delafon, ma bédé sur les genoux. Sauf depuis que j’ai pris une pilule pour chatte …

Il n’y a que l’horoscope de Martin qui me rassure un peu, en particulier le lundi. Il est gentil, Martin. Il ne me promet que des lendemains qui chantent. Des jours qui ne seront plus des lundis … surtout le mardi. Tant pis si ce n’est pas vrai, j’aime bien le croire. Mais je ne m’étire plus en l’écoutant depuis que les rhumatismes ont envahi mes petits matins. J’aimerais bien faire mon intéressante au bureau avec une maladie mais des rhumatismes, avouez que ce n’est pas très glorieux alors je souffre en silence …. Surtout le lundi …

Quand j’étais jeune (hhhoouuuu ….), j’adorais les lundis. Normal, je quittais alors le minuscule village où mon père nous avait enterrés, pour retrouver mes copains et mes copines au lycée. Un peu plus tard, je quittais l’homme qui pourrissait mes dimanches. Depuis quelques années, cela m’oblige à quitter ma tanière et abandonner mes activités préférées …  glandage, bullage et procastinage … voilà pourquoi les lundis m’agacent et je crains que ça ne s’arrange pas avec le temps. Bon, il vient cet horoscope ?

Dimanche 27 janvier 2008


Il était une fois un géant qui vivait dans les Pyrénées, sur le massif de la Maladeta. Tous les matins, au petit déjeuner, il mangeait six tartines de confiture de myrtille qu’il trempait dans un grand bol de café au lait. Et tous les matins, après les six tartines, il était tellement repu qu’il ne buvait jamais son reste de café au lait. Il jetait le fond du bol dans une petite source qui jaillissait non loin de là.

Or cette petite source avait un destin particulier. Elle descendait la montagne, traversait la vallée, grossissait sous l’apport de nombreux affluents, traversait plusieurs villes. Les hommes l’appelaient Garonne. Voilà pourquoi notre fleuve a cette drôle de couleur : c’est à cause du géant de la Maladeta et de son café au lait.

Epilogue : certains esprits chagrins ne manqueront pas d’affirmer que la Garonne ne devient marron qu’à partir de la Réole et qu’elle coule à Toulouse d’un bleu-vert tout à fait classique. A ces besogneux de la pensée rationnelle, nous répondrons simplement : et alors ? le géant a bien le droit de descendre de sa montagne et de déjeuner où il veut. A la Réole par exemple. Alors … hein … mollo avec la nationalité …

 

 

Extrait de l’excellente BD « Bordeaux, les Historiettes ». Mêlant photos et dessins, ses auteurs, Bast et Matyo visitent notre belle ville avec un humour bon enfant et terriblement rafraîchissant. Leur plume iconoclaste et leur coup d’œil (et celui de ceux qui ont donné un coup de main) vous donneront peut-être envie de venir voir par vous-même … Dans tous les cas, ne vous privez pas du plaisir de cette lecture. Rire, ça fait toujours du bien … si ... si ...

 

Jeudi 24 janvier 2008

Nombreux sont ceux qui se demandent ce que contient la boîte crânienne féminine. Une représentation schématique m’avait été fournie il y a peu par une amie analyste de laboratoire (Cf. le dessin ci-dessous), sur laquelle chacune des boules bleues symbolise une chose à faire, une décision à prendre ou un problème à résoudre. Des mauvaises langues, essentiellement masculines, ont contesté cette activité mais comment prendre au sérieux les affirmations d'une population ne possédant que 2 boules occupant toutes ses pensées. Bah … Finissons-en avec cette bataille ô combien existentielle. N’écoutant que mon courage … que dis-je mon abnégation … j’ai donc offert mon poulpe à la science et me suis prêtée à l’expérience du brain-scanning.

 



Pour ceux qui n’ont jamais subi cette épreuve, sachez qu’elle est parfaitement indolore. Imaginez que vous soyez acteur de la Guerre des Etoiles, de Babylon V ou de Dune (j’ai une sacré kulture SF heing ?!). Allongé sur une planche, vous pénétrez dans un anneau dans lequel un tube émetteur de rayons ixiens virevolte autour de vous, générant un faisceau d’une épaisseur de quelques millimètres. A l’opposé des émetteurs, des détecteurs mesureront l’intensité du faisceau qui subsiste après qu’il vous ait traversé le corps, la tête, les jambes … alouette … Durant la rotation, le tube émet un bruit qui s’apparente un peu à celui d'une éoliene.

Hier soir, le radiologue qui m’a accueilli a voulu me rassurer. Ppppfff … même pas peur Chouchou !

 

Et vous venez pourquoi ?

 

J’ai un poulpe … un blanc dans la conversationj’orgasme intellectuellement d’avoir séché un scientifique, gentil mais un peu condescendant.

 

Allongez-vous, vous pouvez garder vos chaussures ...

 

Ca tombe bien, pour un scan des sinus, les pieds ne sont pas essentiels … re-blanc

 

Posez bien votre menton ici. Parféééé … Vous avez un grand cou, c’est plus facile

 

Je sais, je suis une Saras-Djingé. Il me regarde, un peu perdu ... Oui, les femmes-girafes, vous connaissez ? … 

 

Il préfère se réfugier derrière sa vitre, persuadé qu’il va découvrir une affection psychiatrique aggravée. Il a déjà la main sur le téléphone pour prévenir la sécurité … Vous remarquerez que les toubibs se planquent pour vous photographier l’intérieur. Vous par contre vous, vous ramassez grave ...Clic-clac Kodak … Trois-quarts d’heure plus tard, j’ai en main la photo mystère. Le toujours très gentil docteur m’en explique les différentes zones.

 

, c’est un œil. Là les 2 oeils

 

non docteur, yeux …

 

pardon ?

 

on dit un œil, des yeux … Je n’ai besoin d’aucun appareillage coûteux et compliqué  pour voir que dans son esprit, je suis à la limite d’un remake de Birdy … Je ne suis pas de ces patientes pour qui le médecin a supplanté tous les fétiches. 
 
Par contre, je m’interroge … j’ai la cloison dans un état lamentable. Comme se fesse ? De deux choses l’une, où je suis née comme ça et mon père peut appeler son avocat d’urgence ou j’ai pris un méchant gnon un jour de soirée légionnaire et je ne m’en souviens pas. Toujours est-il que je pense avoir trouvé le moyen de me refaire faire le nez à vos frais mes chéris …

Vous ne voyez rien de spécial ? Normal, incultes de mon cœur … on ne voit rien de particulier sur un scan. Pour ça, fô une IRM et je ne vais pas creuser le trou de la sécu par plaisir … Mais qu’y a-t-il donc dans la tête de Chouchou ? … Pour vous, parce que votre fidélité m’est précieuse, vos commentaires importants, vos rires essentiels, je vous le révèle …
 

 

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(Cliché du poulpe le 23/01/08 vers 19 h 00)

 

NDLR : j’aurais pu vous parler des heures durant de Nono le Bigorneau, Grand Menteur de l’ordre des ploutocrates ou des foutages de gueules de la Générale (depuis quand une boîte augmente-t-elle son capital juste pour vous faire rigoler les cuisses ?). Mais honnêtement, auriez-vous seulement souri ? Pas moi en tout cas … alors autant partager un poulpe.

Si en plus, il est préparé à la mode Diélo, c’est que du bonheur …

Lundi 21 janvier 2008

Dans la série « Chouchou aime les âneries », je vous présente celle du lundi. Comment ai-je pu espérer une seule seconde que la pilule du chat vaudrait toutes les âneries de l’année ? Ce matin, je voulais mettre un culotton. Oui, je sais … ça vous paraît évident de vous culotter tous les matins, pas moi. Primo, parce que je n'ai pas de problème de pellicule et deuxio, parce que je prône la liberté corporelle … Tout spécialement le week-end et pendant les waquances. Cependant, ce matin, une petite fraîcheur m’a fait craindre pour mon fessier et je décidais de le protéger un peu (forcément pas beaucoup, si vous saviez à quoi ressemblent mes culottons ...).

J’ouvre donc le tiroir de la petite commode en osier où se trouvent soieries et autres amuse-gueules satinés … Ah mais quesse à dire ? La minuscule chose noire que je tâte à tâtons est humide … L’aurais-je rangée alors qu’elle n’était pas tout à fait sèche ? 4 grammes de dentelle, ça sèche plus vite qu’une saucisse tout de même. Ben m’enfin !!! L’autre aussi est mouillée … et encore l’autre … tout mon rayon lingerie est humide !!!! Mais qu'est-ce que c'est qu'ce biiinnnzzz !!! ...

J’ai des pensées chôôdes d'accord mais pas au point d'être en empathie avec mes sous-vêtements !! Aarrrgghhhhh …. Damned dit la Chouchou … La plante posée sur le meuble en question ! Je l’ai arrosée. Un peu trop …le dessous de pot a débordé et l’eau a traversé les tresses d’osier, se répandant sur les dentelles et satins ! Tant pis pour la fraîcheur, si mes fesses éternuent, ma tête se couchera. Il faut que je file, je vais être en retard …

Et voilà pourquoi je vais me promener toute la journée sans culotton ! Pourquoi ne pas avoir mis la moins mouillée, me direz-vous ? Elle aurait séchée au contact de la chaleur du corps. Mais avapaanoonnn …. Et si j’avais un accident ? Vous entendez les secouristes se marrer « elle se parfume à l’eau de fleurs celle-làààà !!! » … hein ? Que vous dites ? Que je pense à de drôles de choses en partant de chez moi ? Ben oui … maison rangée et propre sur moi, question de dignité … En tous les cas, pour les secouristes, je préfère leur dévoiler une inattendue nudité bas-du-corptesque plutôt qu’ils croient que je me parfume avec Eaux Fortes de Jérôme Bosch ou au 5 de la Lyonnaise ...

Alllééé .... espérons que je ne ferai rien de plus grave durant la semaine. En attendant, je suis bonne pour passer une heure à tout relaver ce soir en rentrant. A la main ... on ne met pas la soie dans un lave-linge.



 

...

Aboli il y a 150 ans ? je n'en suis pas sûre. L'esclavage a pris des formes rampantes, bien plus insidieuses parce que légalisées. N'oubliez jamais que la haine prend parfois le visage d'un homme ordinaire qui prétendra n'avoir fait que son métier, n'avoir qu'obéi aux ordres mais qui aura lynché, torturé, assassiné ...


On peut avoir honte de son pays. Il suffit de dire qu'on est d'ailleurs. Mais que fait-on quand on a honte d'être humain ?


LIVRE D'OR 

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